Edward aux mains d'argent

Edward aux mains d'argent
Séance coiffure pour Eddy ;)

La première chose qui marque le spectateur en voyant Edward aux Mains d'Argent est la richesse du monde créé par Burton, qui est présentée de manière très épurée dans le film. En effet, la raison d'être de cette oeuvre est la représentation à l'écran de cet imaginaire incroyable; il ne s'agit, contrairement à Batman et même à Beetlejuice, de s'approprier une histoire et d'y inclure des éléments personnels. Burton est complétement à la base du projet et il ne doit pas suivre pour ce film les directives des producteurs (qui est d'ailleurs la Fox et non pas Warner Bros qui avait produit Batman de manière très autoritaire). Il confie également l'écriture du scénario à Caroline Thomson, avec qui il se sent des affinités évidentes. L'esprit de liberté qui anime Edward aux Mains d'Argent est donc proche de celui de Vincent, le premier court-métrage de Burton réalisé en animation image par image, bien qu'il s'agisse ici d'un véritable film destiné à sortir en salle. On peut ainsi, en voyant le film, pénétrer totalement dans l'univers de Burton et mieux appréhender ses autres réalisations. Visuellement parlant, Edward aux Mains d'Argent définit un ensemble d'images qui deviennent alors typiques du réalisateur, et qui reviendront de manière récurrentes dans ses autre films. Dès le premier plan du film, on découvre un château sombre à l'architecture gothique, perdu dans le brouillard au sommet d'une colline, sur lequelle tombe une neige à la fois épaisse et légère. Il suffit de considérer les deux films suivant de Burton, Batman le Défi et L'Etrange Noël de Monsieur Jack pour retrouver la même vision presqu'à l'identique. L'intérieur même du château est aussi soumis aux même lignes torturées et déséquilibrées, et renferme toute une machinerie extravagante et dont la finalité (préparer des biscuits par exemple) est si dérisoire qu'elle lui donne une âme et une beauté incomparable. D'autres éléments du film sont chers à Burton même si cela paraît moins évident. C'est le cas des sculptures d'Edward, aussi bien ses oeuvres paysagistes que ses statues de glace. En fait, on peut penser que cela est lié au goût du réalisateur pour l'animation image par image : c'est-à-dire l'idée que toute créature inanimée possède une âme et peut, avec des moyens très simples, prendre vie. Les personnages créés par Edward ont cette force dans le film et Burton l'utilise pour réaliser des plans magnifiques : par exemple lorsqu'Edward, au plus fort de son sentiment d'incompréhension, ampute une de ses sculptures paysagiste d'une jambe pour exprimer sa douleur. On peut d'ailleurs remarquer que dans Beetlejuice, Burton ne résistait déjà pas à donner la vie aux sculptures monstrueuses de Delia Deetz : Ce rapport étroit entre l'animé et l'inanimé est également un élément très burtonien.

# Posté le jeudi 13 avril 2006 14:14

Modifié le samedi 27 septembre 2008 19:03

Edward aux mains d'argent

Edward aux mains d'argent
Chapeau l'artiste !

Le personnage même d'Edward relève de cet état d'esprit : il s'agit d'une créature artificielle, issue de composants mécaniques et inertes. Cependant, la question ne se pose pratiquement pas dans le film, Edward est totalement humain sur le plan émotionnel. La force de ses sentiments est même décuplée par rapport aux autres, et en ce sens il paraît même plus humain que les individus "normaux". Au début du film, il semble manquer d'une dimension puisqu'il ne donne pas l'impression de connaître des sentiments négatifs comme l'égoïsme ou la rancune. Ceci n'est en fait qu'une apparence; lorsqu'il est confronté à l'agressivité de Jim, le fiancé de Kim ou à la trahison de ceux qu'il croyait être ses amis, il laisse s'exprimer une certaine forme de violence et de haine envers ce qu'il ressent comme une injustice. Lors de ces scènes, on se rend compte du véritable mal dont souffre Edward : celui d'être complétement introverti. En effet, il ne montre jamais extérieurement sa souffrance, en tous cas pas devant les autres. La scène la plus marquante à ce sujet est celle où, se sentant mal accepté par les autres, il s'enferme dans une pièce de la maison des Boggs et lacère le papier-peint de ses mains destructrices. On ressent alors son incapaci à se rebeller contre l'attitude de ceux qu'il rencontre, qui ne veulent pas l'accepter tel qu'il est. Au début du film, les habitants de la banlieue où il atterrit semble pourtant vouloir l'intégrer à la vie du quartier. En fait, on se rend vite compte que seule la différence dont il souffre intéresse vraiment le voisinage. Ceci apparaît clairement lorsqu'Edward ne rentre plus à leurs yeux dans les critères d'utilité et de gentillesse qu'ils avaient fixés pour lui. Lorsque tout le monde croit qu'il a tenté de cambrioler les parents de Jim, et que Joyce, frustrée d'avoir été repoussée par lui, raconte qu'il a tenté de la violer (ces deux événements sont de regrettables malentendus liés à la naïveté d'Edward), il est alors violemment rejetté et sa différence n'est plus qu'un symbole de la peur et de la méfiance qu'il inspire. En clair, tant qu'il taillait des haies à l'oeil et qu'il faisait des sourires à tout le monde, on s'accomodait de son infirmité, mais dès qu'il revendique une identité et une dignité (il est pour lui naturel de refuser les avances empressées de Joyce, et on le comprend), sa différence devient une raison pour l'exploiter, comme s'il devait se comporter comme le veulent les autres pour racheter son handicap, auquel il ne peut pourtant rien. En aucun cas ils n'éprouvent de la compassion pour lui. Cela rend compte de ce que veut dénoncer Burton dans Edward aux Mains d'Argent : la quasi-impossibilité de se faire accepter tel qu'on est et le laminage que pratique la société en voulant faire entrer chacun "dans des catégories", selon Burton, et en refusant à ceux qui le veulent d'en sortir.

# Posté le jeudi 13 avril 2006 14:19

Modifié le jeudi 30 juillet 2009 16:21

Edward aux mains d'argent

Edward aux mains d'argent
Quel beau couple...

Edward aux Mains d'Argent est donc un film à la thématique très riche, et la grande force du film, c'est que Burton met au service de celle-ci une poésie et une beauté artistique qui propulse l'oeuvre vers des sommets rarement atteint sur un écran de cinéma. Il obtient ainsi une oeuvre d'une singularité incroyable, où l'émotion et la puissance dramatique transcendent la portée psychologique des plus grande scènes du film, véritables moments d'anthologie cinématographiques. Dès le générique, on sent qu'on est en présence d'une oeuvre touchée par la grâce : le thème d'Edward est sans doute le plus beau et le plus bouleversant jamais écrit par Danny Elfman, et la cohérence artistique entre les images à l'écran et les sonorités de la musique fait du nérique d'Edward le plus sublime de la filmographie de Burton. La lumière bleutée choisie par le alisateur annonce l'atmosphère incroyable de Batman le Défi et chaque élément visuel nous transporte dans le monde de l'automate sensible et infiniment triste qu'est Edward, de la valse des robots-pâtissiers au visage glacé et tétanisant de l'inventeur, en passant par des biscuits qui tombent avec la légéreté des flocons de neige. Le film lui-même se divise clairement en deux parties : la première où Edward découvre le monde de la banlieue, est empreinte de gaieté et de la vision candide qu'a l'androïde du monde des hommes. Elle comporte des passages vraiment drôles et si l'émotion véhiculée par la présence extraordinaire de Johnny Depp (qui l'eut cru avant le film!) est présente dès sa première apparition, lorsqu'il rencontre Peg (une scène fabuleuse où on passe de la légéreté à une tension incroyable en quelques secondes, avec la découverte de sa mutilation), elle donne plus l'occasion de rire et de rêver que de s'émouvoir. La seconde partie marque une rupture très brutale avec cette ambiance légère, symbolisant la triste réalité de la société humaine, où l'âme pure d'Edward ne peut trouver sa place. Il serait trop long de reprendre toutes les scènes fabuleuses de cette partie du film, mais deux d'entre elles sont vraiment incontournables. Tout d'abord, la première allusion faite par Burton au noeud de l'intrigue de l'histoire d'Edward, l'origine de la neige qui tombe le soir de Noël. La réponse est tellement sublime qu'elle ne pouvait que donner lieu à une scène inoubliable : c'est le cas, avec la clarté des plans de Burton, la musique magistrale de Elfman et la grâce de Winona Ryder, au cours d'une danse sous la glace tombant des ciseaux virtuoses d'Edward. La deuxième est celle qui est illuminée par le couple Depp/Ryder, lorsque Edward prend Kim dans ses bras. Les dialogues,duits à leur plus simple expression, et le visage de Depp si expressif sous le maquillage tiennent véritablement du miracle et l'émotion insufflée par la vision du souvenir de la mort de l'inventeur est indescriptible. Il faut avoir vu Vincent Price retranscrire les derniers regard de vieil homme, Edward détruire lui-même les mains qu'il a tant attendues et couvrir ses ciseaux qu'il déteste du sang de celui qu'il aimait plus que tout pour comprendre pourquoi Edward aux Mains d'Argent est le film le plus émouvant de Tim Burton, et l'expression la plus belle de son imaginaire et de ses sentiments.


==Source de ces informations==

# Posté le jeudi 13 avril 2006 14:22

Modifié le vendredi 14 avril 2006 04:15

Edward aux mains d'argent

Edward aux mains d'argent
Acteur(s)
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Edward aux mains d'argent - Johnny Depp
Kim Boggs - Winona Ryder
Peg Boggs - Dianne Wiest
Jim Anthony - Michael Hall
le plongeur - Steven Brill
Joyce Monroe - Kathy Baker
Kevin Boggs - Robert Oliveri
Helen - Conchata Ferrell
Marge - Caroline Aaron
Bill Boggs - Alan Arkin
L'inventeur - Vincent Price

J'espère que ma présentation vous a plu. Si vous avez d'autres information sur ce film, lachez les ici svp et merci encore !

# Posté le jeudi 13 avril 2006 14:31

Modifié le vendredi 14 avril 2006 04:02

Ed Wood

Ed Wood
Suite du programme. Second film de Burton en commun avec JOhnny Depp. Tout en noir et blanc, mais toujours aussi "space :)"

Evocation de la vie d'Ed Wood, réalisateur considéré de son vivant comme le plus mauvais de tous les temps, aujourd'hui adulé et venéré par des milliers d'amateurs de bizarre et de fantastique à travers le monde.

]Un avie perso que je trouve très réaliste !

A mon goût, Ed Wood fait partie des incontournables de Burton, au même titre que Beetlejuice ou encore Edward Scissorhands ! C'est son chef-d'oeuvre le plus pur, le plus simple, comme un joyau à l'état brut !
N
i effet spéciaux extraordinaires, ni superstars, mais qu'est-ce que c'est beau !
Johnny Depp, acteur fétiche de Burton, se glisse admirablement dans la peau du cinéaste le plus décrié de tous les temps !
Le p
apa de Beetlejuice retranscrit à merveille l'émotion que suscitait un homme, seul contre tous, qui garda longtemps la force de se battre pour ce en quoi il croyait.
Pe
ut-être ce film tend-il à nous exposer les liens magiques qui unissaient le tandem Wood-Lugosi (qui n'est pas sans rappeler la curieuse relation Price-Burton).
C
e film est un véritable poème Burtonien !
Un
régal pour les yeux !!!

Remarque : Ed Wood a été récompensé à deux reprises lors de la cérémonie des Oscars 1995 : la statuette du meilleur second rôle a été attribuée à Martin Landau et celle des meilleurs maquillages à Rick Baker et son équipe.

Doté d'un budget de 18 millions de dollars, le film de Tim Burton a coûté plus cher que l'ensemble des films tournés par Ed Wood.

Ed Wood est le seul long métrage de Tim Burton dont la bande originale n'a pas été composée Danny Elfman . Cette fois, c'est Howard Shore (Le Seigneur des anneaux) qui épouse l'univers sombre et poétique du metteur en scène.

Dans l'esprit de Tim Burton, Ed Wood se veut également un clin d'oeil à l'acteur Vincent Price, l'un des grands noms du cinéma fantastique d'après-guerre, auquel le réalisateur avait déjà rendu hommage dans son court métrage Vincent réalisé en 1982. Pour Tim Burton, son admiration et son inspiration vis-à-vis de Vincent Price rappelle celle vouée par Ed Wood à Bela Lugosi.

# Posté le jeudi 13 avril 2006 14:42

Modifié le jeudi 19 mars 2009 13:08